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Fausses factures : «Khalifa était au courant»

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Le DAF de la mairie de Dakar est formel : Khalifa Sall était au courant du mécanisme permettant d’alimenter la Caisse d’avance. Ce système, précise-t-il, existe depuis 1996.

Ce 3 avril 2017, le doyen des juges d’instruction Samba Sall a posé deux actes majeurs dans le cadre de l’affaire de la mairie de Dakar. Primo, il a rejeté la demande de liberté provisoire déposée par Khalifa Sall à la suite de son audition dans le fond et, deuxio, le magistrat a pris une ordonnance de clôture. En clair, il a bouclé son instruction et sollicité le réquisitoire du parquet. Un réquisitoire qui ne sera pas une surprise puisque, selon les informations de Libération, le parquet compte demander le renvoi des inculpés- à l’exception de l’ancien et du nouveau percepteur qui ont été déchargés par tous les témoignages- devant le tribunal correctionnel.
Si le juge partage l’avis du ministère public, Khalifa Sall et Cie pourraient se défendre lors d’un procès qui s’annonce d’ores et déjà épique. Il faut dire que dans cette affaire, le maire de Dakar fera face à l’État mais aussi à ses proches collaborateurs dont Mbaye Touré, le Directeur administratif et financier de la mairie qui est une des pièces maîtresses de ce dossier. Et pour cause, face aux enquêteurs de la DIC déjà, Mbaye Touré a certes reconnu avoir pris l’initiative d’utiliser de fausses factures du GIE Tabaar mais il déclare en avoir informé le maire.

Devant le juge, il n’a pas varié dans ses déclarations. «Cette initiative provient de moi-même dans le cadre de l’application d’un mécanisme que j’ai trouvé, suite à ma désignation en 2003 en ma qualité de gérant de la Caisse d’avance. Par contre, je n’ai jamais porté un choix quelconque sur une entreprise ou un GIE pour l’établissement des factures devant servir à justifier la Caisse d’avance», a admis le DAF.