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Le ministre Mbagnick Ndiaye (en blanc) avec le Roi d'Oussouye

Une chambre des chefs traditionnels ? L’idée suit son cours au Sénégal. Fin mars, une délégation de l’Etat est allée à leur rencontre en Casamance.
Ambiance majestueuse, ce vendredi 24 mars, à Oussouye, en Casamance, avec une concentration inédite de têtes couronnées et de boubous flamboyants. Mbagnick Ndiaye, le ministre sénégalais de la culture et de la communication, mais aussi le gouverneur, le préfet, le maire et un cortège de députés sont venus dans ce village du sud du pays pour rencontrer les reines, rois, prêtresses, responsables des fétiches et autres chefs coutumiers de la région. L’objectif ? « Instituer au Sénégal une chambre des chefs traditionnels », explique Oumar Badiane, chef de la Division du patrimoine culturel immatériel au sein du ministère, son sceptre serti d’une queue de vache à la main.
Il s’agit de la deuxième étape d’une tournée des provinces, après celle de Gandiaye, dans la région de Kaolack.

« Nous avons considéré les marabouts au Sénégal mais négligé nos rois, estime Oumar Badiane. Nous voulons les connaître, savoir ce qu’ils font exactement et les reconnaître comme dépositaires du pouvoir, comme au Congo. Nous voulons les aider. »

 

L’Etat versera-t-il des subventions ? « Je n’irai pas jusque-là », répond-il.
Parmi les invités, Ansiladje Moy Diatta, responsable des fétiches de Diakène Diola, représente les femmes de son village, situé à 13 km de là. En diola, elle salue l’initiative et dit qu’elle aimerait « rencontrer les autres chefs de Casamance et d’autres régions à Dakar », la capitale, qu’elle n’a visitée qu’une seule fois. Mais elle rappelle surtout que son village a « un infirmier mais pas de médicaments » et parle des « difficultés pour manger ». « Nous avons dû fuir notre village par le passé et venons juste de récupérer nos terres à la suite du conflit [la Casamance a été le théâtre d’une rébellion séparatiste à partir de 1982], ce n’est pas facile de cultiver et nous avons perdu tout notre bétail », dit-elle.

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